La Société canadienne de la SLA et la Fondation Brain Canada attribuent 4,5 millions de dollars en recherche


La Société canadienne de la SLA, en partenariat avec la Fondation Brain Canada, a annoncé aujourd’hui l’attribution de 4,5 millions de dollars en financement à neuf nouveaux projets de recherche sur la SLA. Cela signifie que depuis le phénomène de l’« Ice Bucket Challenge » (défi du seau d’eau glacée) a enflammé les médias sociaux en 2014, près de 20 millions de dollars ont été investis dans la recherche canadienne sur la SLA au moment où celle-ci a le potentiel de donner les meilleurs résultats.

La SLA, ou sclérose latérale amyotrophique, est une maladie qui paralyse graduellement le corps, privant les personnes atteintes de leur capacité de bouger, de parler, d’avaler, de manger et, éventuellement, de respirer. La plupart des personnes atteintes meurent dans les deux à cinq ans après en avoir reçu le diagnostic de SLA parce qu’il n’existe aucun traitement ni guérison efficace pour cette maladie. Cependant, la recherche sur la SLA a progressé à un point tel où de nombreux experts en recherche sur la SLA croient que l’arrivée de traitements efficaces sera inévitable. La question est maintenant « quand », et non « si ».

« Nous entendons souvent des gens et des familles vivant avec la SLA dire que la promesse d’une découverte grâce à la recherche leur permet de garder espoir. Le défi est que la recherche prend du temps, chose que les personnes vivant avec la SLA n’ont pas. C’est pourquoi l’« Ice Bucket Challenge » change autant la donne », affirme Tammy Moore, PDG de la Société canadienne de la SLA. « Grâce à l’augmentation du financement rendue possible par l’« Ice Bucket Challenge », nous avons été plus que jamais en mesure d’investir dans la recherche. Nous remercions les Canadiens qui ont fait un don à l’« Ice Bucket Challenge », nos partenaires des Sociétés canadiennes de la SLA, la Fondation Brain Canada et le Fonds de recherche sur le cerveau du Canada du gouvernement fédéral d’avoir rendu possible cet investissement en recherche. »

« Le partenariat de la Fondation Brain Canada avec la Société canadienne de la SLA a permis d’investir davantage en recherche sur la SLA, ce qui accélère le progrès vers la mise au point de traitements efficaces », déclare Inez Jabalpurwala, présidente et chef de la direction de la Fondation Brain Canada. « De plus, les découvertes qui découleront de ce financement de la recherche nous permettront potentiellement de mieux comprendre d’autres maladies neurodégénératives présentant des mécanismes sous-jacents similaires. »

Les neuf projets englobent deux initiatives d’équipes pluriannuelles à grande échelle – l’une a recours aux cellules souches pour mieux comprendre la SLA et possiblement la traiter, alors que l’autre étudie d’une nouvelle façon le gène qui est le plus associé au développement de la SLA – et sept études à plus petite échelle qui permettent aux chercheurs d’explorer des idées novatrices.

« Il y a cinq ans, l’étendue de la recherche sur la SLA que nous finançons aujourd’hui n’aurait pas été possible simplement parce que nous n’en savions pas assez à propos de la maladie pour pouvoir poser le type de questions qui font l’objet de la recherche des chercheurs d’aujourd’hui », indique le Dr David Taylor, vice-président de la recherche à la Société canadienne de la SLA. « Le fait que nous avons maintenant la possibilité d’explorer la SLA sous différents angles reflète l’augmentation des connaissances sur la maladie et la possibilité accrue de mettre au point des médicaments efficaces. »

Une équipe de recherche dirigée par le Dr Guy Rouleau, de l’Université McGill et de l’Institut neurologique de Montréal, a reçu 2,2 millions de dollars afin d’étudier les motoneurones et les astrocytes créés à partir de personnes atteintes de différentes formes de la SLA à l’aide de la technologie des cellules souches. Le Dr Rouleau et son équipe, qui comprend d’autres collaborateurs de l’Université McGill et de l’Institut neurologique de Montréal ainsi que de l’Université de Montréal et de l’Université Laval, étudiera la biologie de ces cellules souches pour déterminer si leurs caractéristiques en laboratoire peuvent représenter différentes formes de la maladie chez l’humain et de mettre au point un mécanisme potentiel de criblage de thérapies à partir de celles-ci. Les outils et les tests créés dans le cadre du projet seront précieux pour les chercheurs de la SLA canadiens et internationaux à titre de nouvelles ressources permettant de comprendre la maladie et de trouver de nouvelles façons de la traiter.

Une équipe de recherche dirigée par la Dre Janice Robertson, de l’Université de Toronto, a reçu 1,6 million de dollars pour mieux comprendre si l’anomalie génétique la plus commune dans les cas de SLA, qui se produit dans le gène C9ORF72, cause la maladie ou y contribue au moyen d’une perte de fonction biologique normale du gène. La majorité de la communauté de recherche tente de comprendre comment l’anomalie génétique du C9ORF72 pourrait ajouter une fonction toxique. Toutefois, au cours de cette étude d’une durée de cinq ans, l’équipe – qui comprend d’autres collaborateurs de l’Université de Toronto en plus du Sunnybrook Health Sciences Centre, de l’Université McGill, de l’Institut neurologique de Montréal et de l’Université de la Colombie-Britannique – analysera en détail les dommages potentiels aux motoneurones dépourvus de C9ORF72 et examinera si des mécanismes de perte et de gain de fonction agissent ensemble pour causer la SLA. Ces connaissances pourraient changer fondamentalement la mise au point de thérapies contre les formes communes de la SLA et la démence frontotemporale (DFT), qui se produit souvent dans les cas de SLA.

Les autres projets, qui ont chacun été financés à hauteur de 100 000 $, sont :

  • Le Dr Gary Armstrong, de l’Institut neurologique de Montréal et de l’Université McGill, utilise une technique de manipulation génétique de pointe pour créer de nouveaux modèles de poissons-zèbres de la SLA pour les causes génétiques les plus fréquentes, soit celles en lien avec les mutations du gène C9ORF72.
  • Le Dr Neil Cashman, de l’Université de la Colombie-Britannique, utilise un modèle unique de mouche à fruit pour étudier si une protéine toxique clé de la SLA peut passer d’un neurone à l’autre afin d’expliquer la propagation de la maladie dans le corps.
  • Le Dr Charles Krieger, de l’Université Simon Fraser, étudie une substance nommée adducine, qui est liée de façon cruciale à la santé au site de connexion entre les motoneurones et les muscles, afin de comprendre si cette substance pourrait être une cible de traitement pour ralentir la progression de la SLA.
  • Le Dr Éric Lécuyer, de l’Université de Montréal, utilise une gamme d’outils scientifiques uniques pour analyser en détail le contenu de structures clés de la SLA nommées granules de stress.
  • La Dre Marlene Oeffinger, de l’Institut de recherches cliniques de Montréal, étudie des structures nommées paraspeckles afin de comprendre leur contenu et leur fonctionnement, ainsi que la façon dont elles sont modifiées dans les cellules neuronales qui contiennent des mutations causant la SLA.
  • Le Dr Alex Parker, de l’Université de Montréal, entreprend une étude visant à comprendre comment les probiotiques ralentissent la progression des symptômes de la SLA chez les vers.
  • La Dre Lisa Topolnik, du Centre hospitalier de l’Université Laval, étudiera comment certains neurones nommés interneurones, qui relient les motoneurones du cerveau, pourraient jouer un rôle au début de la SLA.

Tous les projets de recherche ont été choisis à la suite d’un processus compétitif d’évaluation par les pairs. Il s’agit du processus international de référence par excellence pour l’évaluation des demandes de financement de projets de recherche. Le processus d’évaluation par les pairs est mené par un panel d’experts internationaux de la SLA et d’autres maladies neurodégénératives qui évalue et classe tous les projets de recherche proposés selon leur mérite scientifique et leur potentiel à faire avancer le plus rapidement possible la recherche sur la SLA dans le but de mettre au point des traitements efficaces. Tous les aspects de l’évaluation par les pairs sont réalisés avec la pleine collaboration de la Fondation Brain Canada, dont les fonds sont offerts au moyen d’un partenariat avec Santé Canada connu sous le nom de Fonds canadien de recherche sur le cerveau.

Chaque année, environ 1 000 Canadiens reçoivent un diagnostic de SLA. En tout temps, de 2 500 à 3 000 Canadiens vivent avec la SLA. On estime que le coût moyen pour prendre soin d’une personne atteinte de la SLA est de 150 000 $ à 250 000 $. Chaque jour, de deux à trois Canadiens meurent de la SLA.

À propos des Sociétés canadiennes de la SLA
Les Sociétés canadiennes de la SLA recueillent des fonds à l’échelle régionale afin d’offrir des services et du soutien aux personnes et aux familles vivant avec la SLA et pour contribuer au financement du programme de recherche de la Société canadienne de la SLA. Le programme de recherche de la Société canadienne de la SLA finance des bourses de recherche examinées par les pairs et favorise la collaboration entre les chercheurs canadiens afin de développer de nouvelles idées et de nouveaux moyens. Les Sociétés canadiennes de la SLA défendent les intérêts des personnes et des familles vivant avec la SLA au niveau fédéral, provincial et local afin qu’elles soient mieux épaulées par les gouvernements et aient un meilleur accès au système de santé.

À propos de la Fondation Brain Canada et du Fonds canadien de recherche sur le cerveau
La Fondation Brain Canada est un organisme sans but lucratif national dont le siège est à Montréal, au Québec, qui encourage et soutient l’excellente et l’innovante recherche contribuant à changer les paradigmes de la connaissance acquise sur le cerveau au Canada. Pour plus d’une décennie, la Fondation Brain Canada fait valoir le cerveau comme étant un système unique et complexe avec des similitudes pour l’ensemble des troubles neurologiques, les maladies mentales et la toxicomanie, les lésions du cerveau et de la moelle épinière. En regardant le cerveau comme étant un système, ceci a mis de l’avant la nécessité d’accroître la collaboration entre les disciplines et les institutions, et de façon plus intelligente d’investir dans une recherche sur le cerveau qui se concentre sur les résultats qui bénéficieront aux patients et à leurs familles. La vision de la Fondation Brain Canada est de comprendre le cerveau, à l’état sain et à l’état malade, afin d’améliorer des vies et exercer une incidence sociale.

Le Fonds de recherche sur le cerveau du Canada est un partenariat public-privé entre le Gouvernement du Canada et la Fondation Brain Canada visant à inciter les Canadiens à soutenir davantage la recherche sur le cerveau et à maximiser l’impact et l’efficacité de ces investissements. La Fondation Brain Canada et ses partenaires se sont engagés à récolter 120 millions de dollars qui feront l’objet d’un don jumelé de Santé Canada équivalant à un dollar pour chaque dollar récolté, pour un total de 240 millions de dollars. Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site Web www.braincanada.ca.

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