L’année dernière, d’importantes percées scientifiques au Canada et ailleurs dans le monde ont mené à des progrès importants et prometteurs dans le domaine de la recherche sur la SLA. Des découvertes qui accroissent notre compréhension de la SLA sont réalisées beaucoup plus fréquemment que jamais et par le fait même, de nombreux nouveaux traitements expérimentaux sont en voie d’être testés dans le cadre d’essais cliniques sur des humains au cours des prochaines années. En raison des progrès rapides de la recherche sur la SLA, il peut parfois être difficile de rester à l’affût des plus récentes découvertes. Pour pallier cette lacune, l’équipe du programme de recherche de la Société canadienne de la SLA offre périodiquement un résumé sur ce qu’elle croit être les découvertes scientifiques les plus importantes. Il y a trois mises à jour pour 2018 : février, juin et octobre. Vous trouverez ci-dessous les nouvelles scientifiques qui ont fait les manchettes en 2018.

Homologation au Canada d’un deuxième traitement contre la SLA, l’édaravone

Le 4 octobre 2018, Santé Canada a approuvé l’édaravone (également appelé RadicavaMD et RadicutMD) pour le traitement de la SLA. L’édaravone est le premier médicament à être approuvé par Santé Canada pour le traitement de la SLA depuis l’homologation du riluzole en 2000. Les résultats d’un essai clinique de phase 3 ont montré que pour une certaine tranche de gens atteints de la SLA dont la maladie commence à peine à progresser, le traitement à l’édaravone pourrait aider à ralentir le déclin fonctionnel. L’approbation de Santé Canada signifie que l’édaravone peut être commercialisé et vendu au Canada. Le médicament est actuellement en production et il sera disponible quelque part en 2019. D’autres facteurs, tels que le prix du médicament et le fait de savoir s’il sera couvert ou non par les régimes provinciaux d’assurance-médicaments, n’ont pas encore été déterminés. Nous espérons une recommandation de remboursement positive. Nous espérons que l’approbation de l’édaravone créera un élan pour le développement de traitements supplémentaires, tout en soulignant l’importance de l’investissement dans la recherche. Les Canadiens vivant avec la SLA qui souhaitent en savoir plus sur l’édaravone devraient consulter un neurologue à leur clinique de traitement de la SLA.

En partenariat avec les sociétés de la SLA de l’ensemble du Canada, la Société canadienne de la SLA fait activement la promotion d’un accès rapide et abordable à tout nouveau traitement contre la SLA et cherche à sensibiliser le gouvernement aux incohérences et aux lacunes du système de santé qui touchent directement les Canadiens vivant avec la SLA. Nous estimons que les gouvernements fédéral et provinciaux doivent adopter un programme d’accès qui aidera à intégrer les traitements prometteurs contre la SLA dans le système de façon durable et équitable.

Un modèle de laboratoire de la SLA sporadique aide les chercheurs à mieux comprendre la forme la plus courante de la maladie

Dans les stades précoces de la recherche médicale, des modèles de la maladie (par exemple, des cellules neuronales en boîte de Pétri, des vers ou des souris) sont souvent utilisés. Ces modèles sont souvent créés en modifiant la cellule ou l’animal pour qu’il porte un gène muté reconnu pour causer la maladie chez les humains. Toutefois, puisque la majorité des cas de SLA sont de nature sporadique sans cause génétique connue ou antécédents familiaux de la maladie, il peut être difficile pour les chercheurs de modéliser la SLA sporadique en laboratoire. Pour cette raison, les chercheurs se sont maintenant tournés vers la technologie des cellules souches. Cette approche leur permet de produire des motoneurones en boîte de Pétri qui retient toute l’information génétique de la personne sur qui les cellules souches ont été prélevées. Dans une étude d’août 2018, des chercheurs ont produit des motoneurones à partir de cellules souches de 32 patients atteints de SLA sporadique et ils ont découvert qu’ils étaient en mesure de reproduire plusieurs des caractéristiques de la malade observées dans les modèles animaux et les tissus humains. Les résultats de cette étude mettent en lumière le succès de l’utilisation de cellules souches pour produire des modèles cellulaires de la SLA sporadique et offrent aux chercheurs une nouvelle méthode pour étudier la biologie de la forme la plus courante de la SLA d’une façon qui n’était pas possible auparavant.

Restaurer la fonction normale du gène C9ORF72 dans les cellules pourrait aider à ralentir la progression de la SLA

Les mutations d’un gène appelé C9ORF72 sont la cause génétique la plus fréquente de la SLA. Le gène C9ORF72 contient normalement un court segment d’ADN répété qui, chez certaines personnes atteintes de SLA, est considérablement allongé de plusieurs centaines ou plusieurs milliers de répétitions. Depuis l’identification du gène C9ORF72 comme une cause importante de la SLA en 2011, les chercheurs se demandent si la SLA découle d’une perte de la fonction normale du gène dans les cellules ou d’un gain d’une nouvelle fonction toxique. Une étude de mars 2018 a révélé qu’il s’agit probablement d’une combinaison des deux mécanismes – une perte de la fonction normale et un gain d’une fonction toxique – qui contribue à la maladie. En étudiant les motoneurons dérivés de cellules souches pluripotentes induites (SPI), les chercheurs ont observé que la perte de la fonction normale du gène C9ORF72 diminuait la capacité des motoneurones à éliminer le matériel toxique de la cellule produit à cause de la mutation. Les résultats de cette étude offrent de nouvelles connaissances précieuses sur le fonctionnement normal du gène C9ORF72 dans les motoneurones et suggèrent que les traitements conçus pour promouvoir la fonction normale de la protéine représentent une nouvelle option de traitement prometteuse à explorer. Une équipe de chercheurs canadiens, dirigée par la Dre Janice Roberston et financée par une bourse d’équipe translationnelle Arthur J. Hudson de la Société canadienne de la SLA et de la Fondation Brain Canada, mène actuellement une étude pour mieux comprendre les fonctions normales du gène C9ORF72 qui selon nous, nous permettra en fin de compte de mieux cibler le gène C9ORF72 et ses mécanismes dans les stratégies de traitement futures.

Le rôle bénéfique récemment découvert de la protéine TDP-43 dans les muscles pourrait contribuer au traitement de la SLA

Des anomalies dans une protéine appelée TDP-43 sont présentes dans environ 97 % de tous les cas de SLA, ce qui fait qu’il est très important de comprendre cette défaillance pour comprendre la maladie. La protéine TDP-43 se trouve normalement dans le noyau d’une cellule (un compartiment central où se trouve notre ADN); cependant, chez les personnes vivant avec la SLA, on la trouve souvent dans le cytoplasme (la zone située à l’extérieur du noyau), où elle ne devrait pas se retrouver et où elle ne peut pas exécuter sa fonction normale pour garder les motoneurones sains. Cela est également nuisible, car lorsque la protéine TDP-43 se retrouve dans le cytoplasme, elle forme des agrégats que l’on pense toxiques, ce qui mène à la mort de la cellule. Toutefois, une étude de novembre 2018 a permis une découverte inattendue, soit que ces agrégats de TDP-43 ne seraient pas toujours toxiques. En fait, les chercheurs ont découvert que ces agrégats, qu’ils appellent myogranules lorsqu’ils se retrouvent dans les cellules musculaires, se forment temporairement dans les muscles blessés et favorisent la régénération musculaire chez les souris et les humains. Ces chercheurs estiment que lorsque ces agrégats de TDP-43 sont formés temporairement, ils sont bénéfiques pour les cellules; toutefois, pour une certaine raison dans le cas de la SLA, les motoneurones sont incapables de dissoudre ces agrégats et de remettre la protéine TDP-43 dans le noyau, ce qui entraîne une neurodégénérescence. Les chercheurs ont de l’espoir, parce que si ces agrégats se forment et s’éliminent normalement dans les cellules musculaires, quelque chose les aide à se dissoudre, et la compréhension des mécanismes concernés dans le processus pourrait ouvrir une nouvelle voie pour développer des traitements pour la SLA.

Un lien moléculaire entre le vieillissement et la neurodégénérescence

Le vieillissement est un facteur de risque important dans le développement d’un trouble neurodégénératif comme la SLA. Dans une étude de septembre 2018, des chercheurs de la Harvard Medical School ont découvert que la protéine RIPK1 constitue un lien commun entre le vieillissement et une cause génétique de la SLA. RIPK1 est une protéine reconnue pour favoriser l’inflammation et la mort cellulaire; toutefois, son activité est contrôlée par deux autres protéines, TBK1 et TAK1. Un lien a été établi entre les mutations dans la protéine TBK1 et la SLA et la démence frontotemporale (DFT). Une étude distincte de 2019 a confirmé que les mutations dans la protéine TBK1 empêchent la protéine de bloquer l’activité toxique de la protéine RIPK1. Les chercheurs ont également découvert que la quantité de la deuxième protéine servant de « point de contrôle », TAK1, produite dans les cellules diminue avec l’âge, ce qui indique qu’à mesure que les gens vieillissent, ils ont naturellement une capacité réduite à contrôler l’activité de la protéine RIPK1. De plus, il a également été démontré que les mutations dans un autre gène de la SLA appelé OPTN diminuent la capacité à réguler la protéine RIPK1. Mises ensemble, les mutations dans TBK1 ou OPTN et la diminution de la protéine TAK1 avec le vieillissement, se combinent pour favoriser l’activité de la protéine RIPK1, ce qui entraîne une neuroinflammation qui, on pense, joue un rôle dans l’apparition et la progression de la SLA. Tout cela suggère que les médicaments conçus pour inhiber la protéine RIPK1 pourraient constituer des traitements majeurs pour la SLA. Dans un nouvel essai clinique, des chercheurs testeront un médicament inhibiteur appelé DNL747 qui sera administré oralement à des personnes atteintes de SLA. Les chercheurs surveilleront les participants pour s’assurer que ce médicament est sécuritaire, en déterminer la dose appropriée et en apprendre davantage sur la façon dont ce médicament est dégradé à l’intérieur du corps. Si DNL747 est capable de modifier l’activité de RIPK1 et qu’il est jugé sécuritaire, les chercheurs espèrent qu’il sera efficace pour ralentir la progression de la SLA dans des essais cliniques ultérieurs.

Montréal est choisie pour organiser le 31e Symposium international sur la SLA et la MMN

Le Symposium international sur la SLA et la MMN est la plus grande conférence médicale et scientifique axée sur la SLA et la MMN. Organisé par la Motor Neuron Disease Association, le Symposium attire chaque année plus de 1 000 délégués qui témoignent de la force et de l’engagement de la communauté mondiale de la recherche sur la SLA. Plus tôt cette année, on a annoncé que le 31e Symposium international sur la SLA et la MMN sera organisé à Montréal, au Canada, en décembre 2020. La Société canadienne de la SLA sera l’hôte de l’événement, en compagnie de nos partenaires de la Société de la SLA du Québec. Nous espérons qu’en partageant les nouvelles découvertes le plus rapidement possible et en favorisant la collaboration entre les chercheurs de pointe du monde entier, davantage d’options de traitement ayant le potentiel d’améliorer grandement la vie des personnes qui vivent avec la SLA seront disponibles au cours des prochaines années.

La campagne d’Orangetheory Fitness récolte plus de 250 000 $ en soutien à la recherche sur la SLA au Canada

En 2017, les succursales d’Orangetheory Fitness des États-Unis ont lancé la toute première campagne #IBurnForALS, recueillant ainsi 2 millions $ pour Augie’s Quest, organisation qui recueille des fonds pour la recherche sur la SLA aux États-Unis. Augie Nieto, fondateur de Life Fitness qui a reçu un diagnostic de SLA en 2005, est l’inspiration derrière cette campagne. En 2018, cette activité de financement d’envergure nationale de nos voisins du Sud s’est étendue aux succursales d’Orangetheory Fitness d’un bout à l’autre du Canada. Le 15 février 2018, Orangetheory Fitness a lancé la campagne #IBurnForALS dans chacun de ses quelque 70 studios d’exercice au Canada. Plus de 250 000 $ ont été recueillis en soutien au programme de recherche de la Société canadienne de la SLA, qui finance des bourses de recherche examinées par les pairs et favorise la collaboration entre les chercheurs canadiens sur la SLA. Nous avons bien hâte de faire équipe avec Orangetheory Fitness pour la nouvelle édition de la campagne #IBurnForALS en mai 2019.

La Société canadienne de la SLA attribue 1,72 million de dollars pour 14 nouveaux projets de recherche

Le programme de recherche de la Société canadienne de la SLA est généreusement financé par des Canadiens engagés à réaliser un avenir sans SLA. Le financement est rendu possible grâce aux dons individuels et aux efforts communautaires, et par un partenariat avec les sociétés provinciales de la SLA du Canada qui versent 40 % des produits nets de la collecte de fonds de la MARCHE pour la SLA. En novembre, à la suite de l’évaluation scientifique rigoureuse réalisée par un comité de spécialistes internationaux de la SLA, la Société canadienne de la SLA a annoncé un investissement d’un million $ dans huit projets de recherche financés par l’entremise du programme de recherche de la Société canadienne de la SLA. Dans une annonce distincte avec la Fondation Brain Canada, la Société canadienne de la SLA a annoncé un financement supplémentaire de 720 000 $ sous la forme de six nouvelles bourses de stagiaire, complétant ainsi le dernier partenariat de recherche de 20 millions de dollars avec la Fondation Brain Canada (avec le soutien financier du gouvernement du Canada) à la suite de l’« Ice Bucket Challenge ». La Société canadienne de la SLA est fière de s’être associée à la Fondation Vincent Bourque, qui honore sa mémoire en finançant une bourse de stagiaire supplémentaire, laquelle n’aurait pas été possible sans sa généreuse contribution. Vous trouverez des renseignements détaillés au sujet de ces nouveaux projets stimulants ici.

Des lignes directrices consensuelles développées pour améliorer la qualité des essais cliniques sur la SLA

En 1994, des lignes directrices consensuelles ont été développées par un sous-comité du Motor Neuron Diseases Research Group de la World Federation of Neurology (WFN) pour mener des essais cliniques sur la SLA. L’objetif de ces lignes directrices était d’établir des normes de qualité pour la conception, la conduite, l’exécution, l’analyse et la production de rapports des essais cliniques sur la SLA à l’échelle mondiale. Ces lignes directrices ont ensuite été révisées et élargies en 1999; toutefois, l’expérience accumulée dans les essais cliniques au fil des ans a poussé les chercheurs à réviser à nouveau ces lignes directrices. Après un processus de révision rigoureux avec l’apport de chercheurs du monde entier, le document nouvellement révisé Consensus Guidelines for Design and Implementation of Amyotrophic Lateral Sclerosis (ALS) Clinical Trials (Lignes directrices consensuelles pour la conception et la mise en oeuvre des essais cliniques sur la sclérose latérale amyotrophique (SLA)) a été présenté pour la première fois à Glasgow, en Écosse, lors du 29e Symposium international sur la SLA et la MMN. Grâce à la mise en oeuvre de ces lignes directrices consensuelles, les chercheurs croient que des progrès importants peuvent être faits pour normaliser et améliorer la vitesse/qualité des essais cliniques sur la SLA à l’échelle mondiale, dans le but de trouver une option de traitement efficace pour la SLA le plus rapidement possible.

Espoir durable pour l’avenir

Pour les gens qui vivent avec la SLA, la possibilité de participer à des essais cliniques sur des traitements expérimentaux de la SLA présente souvent un intérêt certain. Plus que jamais, les Canadiens ont un meilleur accès aux essais cliniques, puisqu’il y a actuellement 13 études différentes qui recrutent activement dans l’ensemble du Canada et plusieurs autres qui commenceront au cours des prochaines années. Parmi les études actuellement actives, six études testent de nouveaux médicaments pour le traitement de la SLA, cinq sont des études par observation visant à en savoir plus sur la maladie, une étude évalue une nouvelle méthode pour administrer des traitements prometteurs dans le cerveau, et une autre étude est axée sur la gestion clinique de la maladie. Pour en savoir plus sur les essais cliniques disponibles pour vous, veuillez en parler avec votre clinicien (préférablement dans une clinique de la SLA). Vous pouvez également en savoir plus sur les essais cliniques actuellement menés dans des centres du Canada en consultant la ressource sur les essais cliniques de la Société canadienne de la SLA, où tous les essais cliniques canadiens sur la SLA sont indiqués avec des liens vers des ressources supplémentaires et les coordonnées pour chaque essai clinique.

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