La recherche sur la SLA connaît des progrès sans précédent, les chercheurs s’approchant d’un avenir sans SLA. Notre plus grand espoir est de faire en sorte que la SLA cesse de voler des rêves, des capacités fonctionnelles et des vies, et plus que jamais, la recherche est en voie de faire de ce rêve une réalité. Nous ne pouvons nous permettre de stopper cet élan sans précédent. Contribuez dès aujourd’hui pour que cessent les pertes que cause la SLA.

En ce mois de la sensibilisation à la SLA, l’équipe du programme de recherche de la Société canadienne de la SLA a rédigé un résumé sur ce qu’elle croit être les découvertes scientifiques les plus importantes. Le présent numéro est le deuxième de l’année 2018; vous pouvez obtenir de plus amples renseignements en consultant les mises à jour précédentes, des mois d’août 2017, de novembre 2017 et de février 2018.

Nouvelles données sur la façon dont des mutations de la protéine FUS mènent au développement de la SLA

Des mutations de la protéine FUS ont été liées à la SLA. Dans une cellule saine, la protéine FUS peut se trouver sous trois formes : 1) sous forme de molécule protéique simple, 2) regroupée sous forme de gouttelette liquide (comme une goutte d’huile dans l’eau) ou 3) regroupée sous forme de gel dense (comme de la gelée). Pour que FUS puisse accomplir l’une de ses fonctions prévues à l’intérieur des cellules, elle doit être capable de passer facilement de la forme liquide à la forme de gel et vice-versa. Ce processus, appelé séparation de phase, semble être perturbé dans la SLA. Les scientifiques ont découvert que des mutations de FUS font en sorte que cette protéine reste emprisonnée à l’état de gel, ce qui endommage les cellules neuronales et peut au fil du temps entraîner la mort des cellules. Les chercheurs savaient que pour être en mesure d’éviter que FUS reste prise à l’état de gel, ils devaient mieux comprendre les facteurs qui contrôlent la transition entre l’état liquide et l’état de gel dans les cellules. Étonnamment, quatre articles publiés dans le numéro du 19 avril de Cell, une revue scientifique prestigieuse à comité d’évaluation par les pairs, ont permis de faire avancer grandement les connaissances de ce processus. Les chercheurs des quatre laboratoires étudiaient des aspects différents de la protéine FUS et sont arrivés de façon indépendante aux mêmes résultats, mettant en évidence deux voies cellulaires spécifiques contrôlant la séparation de phase de FUS et pouvant potentiellement prévenir la neurodégénérescence. Une de ces études a été financée en partie par l’« Ice Bucket Challenge » (défi du seau d’eau glacée) et le partenariat entre la Société canadienne de la SLA et la Fondation Brain Canada. Dans l’ensemble, ces résultats ouvrent de nouvelles pistes à explorer pour la mise au point de traitements contre la SLA liée à FUS et, dans une perspective élargie, touchent des mécanismes biologiques qui nous permettent d’accroître notre compréhension d’autres formes de SLA ainsi que de la démence frontotemporale (DFT).

Une piste prometteuse pour le traitement d’une forme héréditaire de SLA

Une équipe de chercheurs de l’University of Liverpool a découvert une nouvelle stratégie de traitement potentielle contre une forme héréditaire de SLA. Les mutations de la protéine SOD1 sont la deuxième cause la plus commune de la forme héréditaire de la SLA. On croit que ces mutations provoquent le mauvais repliement de cette protéine en une forme tridimensionnelle inadéquate, ce qui amène cette protéine à acquérir une fonction toxique. Dans le cadre d’une étude dont les résultats ont été publiés en avril 2018, des chercheurs ont tenté de trouver un médicament qui pourrait être en mesure de prévenir le mauvais repliement de SOD1 et de rétablir sa fonction normale dans les cellules humaines. Après avoir testé une gamme de substances différentes, les chercheurs en ont trouvé une qui avait un effet positif. Cette substance appelée ebselen avait précédemment fait l’objet de tests pour le traitement de plusieurs troubles médicaux, dont l’AVC, le trouble bipolaire et les hémorragies. Étant donné que l’étude a été menée uniquement sur des cellules humaines à l’extérieur du corps, ses résultats sont préliminaires, mais ils indiquent aux chercheurs que l’ebselen devrait faire l’objet d’analyses approfondies dans des modèles animaux de la SLA pour confirmer l’effet positif observé. L’ebselen représente l’une des nombreuses options thérapeutiques uniques à l’étude dans le traitement de la SLA liée à SOD1. Comme cette protéine est la première pour laquelle une mutation a été découverte dans la SLA, elle est étudiée depuis plus de deux décennies. Dans un avenir proche, il est à espérer qu’un nombre semblable d’options de traitement soient mises au point pour toutes les formes de SLA.

Ce que peuvent révéler les cas extrêmement rares de revirement de la SLA

Dans de très rares cas, une personne ayant reçu un diagnostic de SLA peut présenter un arrêt d’évolution de la maladie et retrouver des fonctions motrices. Ces cas, appelés « revirements de la SLA », sont très peu fréquents, mais il est important de les étudier car ils peuvent aider les chercheurs à déceler des différences génétiques qui pourraient rendre une personne plus résistante à la SLA et même mener à la mise au point d’un traitement efficace. Cette situation s’est produite pour le VIH, où l’étude d’un groupe rare de « contrôleurs élites » résistants au VIH a mené à la mise au point d’un traitement pharmacologique efficace. Dans le cadre d’une étude publiée en avril 2018, des chercheurs ont comparé les paramètres démographiques, les caractéristiques de la maladie et les traitements de rechange autoadministrés de patients représentants des cas documentés de revirement à ceux de patients souffrant de la SLA évolutive typique. Ces chercheurs ont découvert que les personnes présentant un revirement de la SLA étaient plus susceptibles d’être de sexe masculin, de présenter une maladie touchant d’abord les membres et d’avoir subi une évolution initiale plus rapide. Les résultats de cette étude indiquent qu’il y avait des différences qui devaient faire l’objet d’un examen approfondi entre les personnes présentant un revirement de la SLA et celles souffrant de la maladie évolutive typique. Malgré le nombre restreint de cas à étudier, les chercheurs espèrent que la poursuite de leur analyse contribuera à découvrir le mécanisme de résistance à la maladie dans les cas de revirement et que ces connaissances pourront un jour être appliquées à la vaste majorité des personnes souffrant de la SLA évolutive typique.

Des chercheurs découvrent un nouveau lien entre deux processus cellulaires perturbés dans la SLA

Depuis quelques années, les chercheurs ont fait d’importants progrès dans la découverte de divers mécanismes cellulaires qui sont perturbées dans la SLA. Ces découvertes sont importantes puisqu’il est primordial de mieux comprendre les mécanismes concernés et la façon dont ils interagissent dans le développement de la SLA pour mettre au point un traitement efficace. Des études ont précédemment montré que deux importants mécanismes cellulaires étaient perturbés dans la SLA : 1) la formation de granules de stress et 2) le transport nucléocytoplasmique. Les granules de stress sont des structures qui se forment temporairement lorsqu’une cellule est stressée (p. ex., lorsqu’elle est exposée à la chaleur, au froid ou au rayonnement) pour protéger les éléments cellulaires importants. La formation des granules de stress est censée être temporaire; cependant, dans la SLA, des éléments cellulaires peuvent rester emprisonnés dans ces structures, les empêchant d’accomplir leurs fonctions normales. Par ailleurs, le transport nucléocytoplasmique, qui permet de transporter les éléments cellulaires entre deux compartiments cellulaires importants, est crucial à la survie de la cellule. Dans une étude publiée en mai 2018, des chercheurs ont trouvé un lien entre ces deux mécanismes cellulaires. Les chercheurs ont découvert que bon nombre des éléments cellulaires qui restaient emprisonnés dans les granules de stress jouaient un rôle important dans le processus de transport. Lorsque ces éléments cellulaires restent emprisonnés dans les granules de stress, le transport est interrompu. À la lumière de ces résultats, les chercheurs ont espoir que s’ils réussissent à réguler la formation des granules de stress à l’intérieur des cellules, ils réussiront peut-être aussi à rétablir le transport nucléocytoplasmique. De fait, on explore présentement le potentiel des techniques de thérapie génique pour réduire la formation des granules de stress comme option thérapeutique potentielle dans la SLA.

Progrès dans les modèles utilisés pour étudier la biologie de la SLA

Dans les stades précoces de la recherche médicale, des modèles de la maladie (par exemple, des cellules neuronales en boîte de Pétri, des vers ou des souris) sont souvent utilisés. L’utilisation de modèles de la maladie permet aux chercheurs d’étudier la biologie de la maladie d’une façon qu’ils ne pourraient faire chez des personnes. Par contre, pour que ces modèles soient utiles, ils doivent représenter fidèlement la façon dont la maladie évolue dans le corps humain. Dans une étude publiée en avril 2018, dusser es chercheurs ont décrit une nouvelle technique qui leur a permis pour la première fois de faire poensemble les neurones et les vaisseaux sanguins d’un patient à l’extérieur de son corps. À l’aide de la technologie appelée « Organ-Chip » (organe sur puce), ces chercheurs ont réussi à faire pousser des motoneurones de la moelle épinière à partir de cellules souches dans un environnement ressemblant plus à l’environnement naturel que ce qui était possible d’obtenir dans une boîte de Pétri. Ces recherches, qui permettent aux scientifiques de reproduire des parties importantes du système nerveux humain, ont été menées dans le cadre d’une collaboration élargie dont l’objectif est d’utiliser cette technique pour faire progresser la médecine personnalisée, une nouvelle approche qui vise à déterminer le traitement le plus efficace pour une personne en fonction de sa biologie propre. Étant donné que la SLA est causée par de nombreuses mutations génétiques différentes, les chercheurs espèrent que la création d’un modèle vivant de la maladie à partir des propres cellules du patient leur permettra de mieux prédire l’option thérapeutique qui conviendrait le mieux à ce patient et d’éviter le risque d’administrer un médicament qui pourrait s’avérer coûteux et inefficace. La technologie d’organe sur puce n’est pas spécifique à l’étude de la SLA puisqu’elle peut être utilisée pour une gamme d’affections différentes comme la maladie de Parkinson et la maladie de Crohn. Il s’agit donc d’un nouvel outil important pour l’ensemble de la communauté médicale.

Remarque : Nous avons inclus les liens vers les publications, car nous savons que certains voudraient consulter les articles originaux. Les résumés sont toujours accessibles, mais puisque bon nombre de revues sont offertes par abonnement, il faut parfois payer pour avoir accès à l’article en entier.

La recherche sur la SLA connaît des progrès sans précédent, les chercheurs s’approchant d’un avenir sans SLA. Notre plus grand espoir est de faire en sorte que la SLA cesse de voler des rêves, des capacités fonctionnelles et des vies, et plus que jamais, la recherche est en voie de faire de ce rêve une réalité. Nous ne pouvons nous permettre de stopper cet élan sans précédent. Contribuez dès aujourd’hui pour que cessent les pertes que cause la SLA.

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