La recherche sur la SLA est à un moment charnière. Nous pouvons maintenant entrevoir un avenir où la SLA sera une maladie traitable.

Voilà l’un des faits saillants partagés par le Dr David Taylor, vice-président de la recherche à la Société canadienne de la SLA, lors du webinaire du 13 juin 2017. Le webinaire était le premier d’une série de quatre visant à présenter des mises à jour sur la recherche sur la SLA, les essais cliniques et les programmes de financement.

Alors qu’il partageait les avancées faites en recherche sur la SLA au fil des ans, le Dr Taylor s’est remémoré avoir lu, en 2001, un article sur la SLA rédigé par le Dr Don Cleveland, éminent chercheur en neuroscience. L’article décrivait quatre causes contributives probables de la SLA, mais il était évident que la maladie demeurait un mystère. Depuis, les découvertes majeures rendues possibles grâce à la recherche réalisée au Canada et dans le monde ont toutefois mené à d’importantes avancées prometteuses.

Au cours du webinaire, le Dr Taylor a présenté les principales découvertes depuis les années 1940 et discuté d’avancées récentes rendues possibles alors que le rythme des découvertes s’accélère grandement. Aujourd’hui, de nombreuses cibles génétiques prometteuses ont été identifiées, plusieurs thérapies potentielles sont en cours d’essais cliniques et le médicament édaravone (Radicava) a récemment été approuvé aux États-Unis.

Voici les faits saillants du webinaire :

Découvertes marquantes sur la SLA

  • Des années 1940 aux années 1960 : Les échantillons de tissus post-mortem et les observations cliniques sont les seuls outils disponibles aux chercheurs pour comprendre la maladie d’un point de vue biologique. Dans les années 1960, on découvre que de 5 à 10 % des cas de SLA sont familiaux, c’est-à-dire que la maladie peut être transmise d’un parent à son enfant. La communauté scientifique réalise que si on pouvait identifier les gènes impliqués dans la SLA familiale, cela pourrait aider à faire la lumière sur la SLA sporadique, qui représente 90 % des cas et qui n’est pas liée à un historique familial.
  • Années 1980 : Les avancées technologiques signifient que pour la première fois, il est possible d’identifier les gènes participant au développement de la maladie. Pour la communauté de la recherche sur la SLA, cela mène à des efforts ciblés visant à découvrir les mutations génétiques liées à la SLA. La chasse aux gènes est véritablement lancée.
  • 1993 : La SOD1 est le premier gène jouant un rôle important dans le développement de la SLA à être identifié. Il contribue à environ un cinquième des cas de SLA familiale ou héréditaire. Au cours des 13 années suivantes, les chercheurs continuent d’étudier la SOD1, tout en tentant d’identifier d’autres gènes qui pourraient jouer un rôle dans le développement de la SLA. Ceux-ci fournissent aux chercheurs les outils nécessaires à la création de modèles cellulaires et animaux de la maladie, afin de mieux comprendre ses causes au niveau cellulaire et moléculaire.
  • De 2006 à 2011 : En 2006, la TDP-43 est le deuxième acteur biologique jouant un rôle important dans le développement de la SLA à être identifié. De 2007 à 2011, les scientifiques découvrent plusieurs autres gènes liés à la SLA, notamment le C9orf72.
  • De 2012 à 2015 : La découverte de gènes liés à la SLA s’accélère grandement. À la fin de 2015, plus de 20 gènes ont été identifiés; la liste n’arrête pas de s’allonger.
  • Aujourd’hui, les chercheurs étudient des dizaines de cibles génétiques identifiées, seules ou en combinaison, afin de trouver des voies communes qui déterminent les mécanismes de la maladie. Les pistes de recherche comprennent l’inflammation, les défauts dans le métabolisme de l’ARN, les erreurs de repli des protéines et les erreurs de trafic cellulaire.

Nouvelles technologies et mégadonnées

Les avancées en médecine de précision signifient qu’il est maintenant possible d’étudier la SLA humaine en laboratoire. À l’aide d’échantillons sanguins, les scientifiques peuvent créer des cellules souches, les faire croître en motoneurones et autres cellules pertinentes pour la SLA, puis chercher des différences entre les signatures biologiques des personnes atteintes de la SLA et de celles qui ne le sont pas. La technologie est onéreuse. C’est pourquoi de nombreuses organisations mettent en commun les données, les ressources et les découvertes. Dans le cadre de l’initiative Projet MinE, la Société canadienne de la SLA collabore avec des organisations de plus de 17 pays afin de cartographier les profils d’ADN de plus de 15 000 personnes vivant avec la SLA et de 7 500 sujets témoins. Le Projet MinE vise à identifier la « signature génétique » qui mène au développement de la SLA afin de cibler la mise au point de traitements.

Les plateformes informatiques avancées ayant recours à l’intelligence artificielle et à l’apprentissage machine peuvent traiter de grands volumes de données, comme les données rendues disponibles par le Projet MinE, et trouver des liens beaucoup plus rapidement que les humains. Récemment, des chercheurs américains ont utilisé IBM Watson Health pour passer au crible des renseignements connus jusqu’en 2014 à propos de certains aspects de la SLA afin de procéder à une sorte de « test d’entraînement » pour voir si cette forme d’apprentissage machine pouvait se servir de ces connaissances pour prédire les découvertes de 2015 et 2016. Lorsque Watson a été en mesure de le faire, on lui a donné tous les renseignements allant jusqu’à 2016 et on lui a demandé de prédire les prochaines découvertes. Watson a identifié cinq nouveaux gènes de la SLA qui sont en cours de validation.

Nous savons maintenant que les biomarqueurs, c’est-à-dire des marqueurs biologiques présents dans le sang ou dans d’autres tissus qui indiquent la présence d’une maladie ou la réponse à un traitement, sont d’une importance capitale dans l’étude de la SLA : ils pourraient aider à sélectionner les participants pour les essais cliniques de thérapies expérimentales qui ont de bonnes chances d’être efficaces pour eux et permettre aux chercheurs de déterminer l’efficacité des traitements expérimentaux. Bien qu’il n’y ait à présent que peu de biomarqueurs de la SLA, on a découvert, en 2013, lors d’un essai clinique de phase II du médicament NP001 de Neuraltus, que le médicament n’était pas efficace pour l’ensemble des participants, mais, à la suite d’une analyse plus poussée des données, la maladie n’avait pas progressé pendant six mois pour un sous-groupe de participants présentant des signes élevés d’inflammation. Ainsi, un nouvel essai clinique du NP001 est en cours. Les participants ont été présélectionnés à l’aide d’un biomarqueur de l’inflammation, soit la protéine C réactive. L’identification de biomarqueurs de la SLA continuera d’être un domaine important d’exploration.

Essais cliniques

Un nombre encourageant d’essais cliniques en cours mettent à l’essai de nouvelles thérapies contre la SLA. Seulement en 2016, il y a eu :

  • De nombreux essais cliniques de phase I et II en cours ou près de l’être. Les essais cliniques de phase I et II comptent typiquement un petit nombre de participants et leur objectif principal est de mettre à l’essai la sécurité du médicament et de déterminer ses effets secondaires.
  • Les résultats de plusieurs essais cliniques de phase II, qui indiqueront s’ils passeront à la phase III, seront disponibles dans un avenir rapproché : Lunasin, NP001 de Neuraltus (avec biomarqueur), tocilizumab (Actemra) et ézogabine (rétigabine). Le Brainstorm (NurOwn) passera sous peu à la phase III.
  • Deux impressionnants essais cliniques de phase III, qui aident à déterminer si la progression de la SLA peut être ralentie :
    • Masitinib (Europe) : Les résultats ont démontré un avantage thérapeutique significatif pour le ralentissement de la progression de la maladie. On attend une réponse aux demandes d’approbation du médicament qui ont été soumises en Europe. Un essai clinique international du masitinib dirigé par un chercheur canadien sera lancé cet automne pour vérifier si cet effet est réel.
    • Tirasemtiv (VITALITY-ALS) : On attend les résultats de la phase III cet été. Cet essai a été entrepris à la suite des résultats prometteurs de la phase II ayant démontré une réduction de la perte de capacité respiratoire.

Approbation récente de l’édaravone (Radicava) par la FDA

En mai 2017, la Food and Drug Administration des États-Unis a approuvé l’édaravone (également appelé Radicava et Radicut) pour le traitement de la SLA. Il s’agit du deuxième médicament pour le traitement de la SLA à être approuvé par la FDA. Le premier médicament fut la riluzole, il y a plus de 20 ans. Lors d’essais cliniques, l’édaravone a ralenti de façon modeste, mais significative, la progression de la maladie chez les participants qui étaient dans les premiers stades de progression de la SLA, qui présentaient des symptômes légers et qui avaient une grande capacité vitale de respiration.

Favoriser les prochaines découvertes

Le Dr Taylor n’est pas le seul scientifique à se réjouir des avancées récentes en recherche sur la SLA. Le Dr Cleveland, qui a rédigé l’article qu’avait lu le Dr Taylor en 2001, a récemment coécrit un nouvel article qui affirme que : « Il n’y a guère de doute quant au fait que le rythme de découvertes se maintiendra ou s’accélérera dans plusieurs domaines de recherche… surtout, il y aura de grandes réussites dans la mise au point de thérapies contre la SLA. »

« Nous connaissons maintenant un large éventail de mutations génétiques impliquées dans la SLA nous permettant de guider la recherche vers de nouvelles découvertes. Toutefois, nous avons plus d’outils que de ressources ou de financement pour toutes les étudier de façon rapide et efficace », indique le Dr Taylor. « À la Société canadienne de la SLA, nous croyons qu’il n’est maintenant plus question de savoir ‘si’, mais bien ‘quand’ des traitements seront découverts. Le ‘quand’ ne dépend que du financement. »

Prochains webinaires

Veuillez vous joindre à nous lors des prochains webinaires de la série :

Tous les webinaires sont gratuits. Ils sont présentés en ligne à 12 h, heure de l’Est.

Inscrivez-vous ici.

Apprenez-en davantage sur la recherche de la Société canadienne de la SLA et songez à faire un don dès aujourd’hui.

 

Posted in: recherche, Research