La recherche sur la SLA connaît des avancées sans précédent. De nouvelles informations sur des gènes liés à la SLA et les effets en aval des mutations de ces gènes ont aidé les chercheurs à développer une carte des voies biologiques qui ont de l’importance dans la SLA et à mieux comprendre cette maladie complexe. De nouvelles avancées sont annoncées presque chaque jour. L’équipe du programme de recherche de la Société canadienne de la SLA a passé en revue les découvertes en recherche sur la SLA publiées depuis le début de 2017 afin de mettre en relief quelques-unes des découvertes les plus importantes.

Des mutations de la protéine annexine A11 pourraient mener au développement de la SLA

Dans une étude publiée en mai 2017, les chercheurs ont effectué des analyses génétiques chez 751 personnes vivant avec la SLA et présentant un historique familial de la maladie. Les résultats ont montré pour la première fois que des mutations de la protéine nommée annexine A11 sont liées à l’apparition de la SLA. Le lien entre l’annexine A11 et la SLA a été soutenu par la découverte du fait que des amas de protéines toxiques dans la moelle épinière d’un patient atteint de la SLA contenaient la protéine mutée. L’équipe de recherche de l’étude a conclu que des mutations de l’annexine A11 pourraient perturber le trafic des protéines dans les cellules, un processus essentiel à la survie des cellules, offrant ainsi une voie potentielle pour l’élaboration de nouveaux traitements contre la SLA. Bien que les cas de SLA familiale ne représentent que de 5 à 10 % de tous les cas de SLA, cette découverte expose un mécanisme de la maladie qui pourrait aussi être important chez les personnes atteintes de la SLA sans historique familial de la maladie.

La SLA et la schizophrénie partagent certains gènes

Un partenariat international de recherche nommé Projet MinE, auquel le Canada participe, cherche actuellement à mieux comprendre la base génétique de la SLA afin de trouver un remède contre cette maladie dévastatrice. Grâce au Projet MinE, des chercheurs ont découvert que la SLA et la schizophrénie partagent quelques liens génétiques. Plus précisément, les chercheurs ont trouvé un chevauchement de 14,3 % des gènes associés aux deux maladies. Cela ne signifie pas qu’une personne atteinte de la SLA développera la schizophrénie ou l’inverse. Cela veut simplement dire que les deux maladies sont associées à quelques-uns des mêmes gènes, ce qui suggère qu’elles partagent certains processus biologiques. Cette corrélation génétique pourrait expliquer pourquoi l’utilisation prolongée de médicaments antipsychotiques pourrait amenuiser certains symptômes de la SLA. La participation du Canada au Projet MinE est coordonnée et financée par le programme de recherche de la Société canadienne de la SLA. Le programme finance aussi un essai clinique portant sur l’efficacité de la pimozide, un médicament antipsychotique utilisé pour traiter la schizophrénie, dans le ralentissement de la progression de la SLA chez les humains.

Des mutations par expansion du gène ATXN2 pourraient mener à un risque accru de SLA

Dans certains cas, les mutations génétiques se font par expansion, ce qui signifie que des segments d’ADN s’allongent de façon répétitive. Dans une étude publiée en mars 2017, des chercheurs ont démontré que des mutations par expansion du gène ATXN2 peuvent augmenter le risque de développer la SLA. Dans une étude complémentaire menée sur des modèles murins de la SLA, des chercheurs ont découvert que la réduction de la quantité d’ataxine 2, protéine créée par le gène ATXN2, améliorait la fonction musculaire et la survie, suggérant un possible bienfait thérapeutique. Cette étude est l’une des premières fois où un « gène modificateur » (un gène qui n’est pas lié directement au développement de la SLA, mais qui peut influencer la maladie) est directement ciblé pour traiter la SLA. Elle a mené à un essai clinique marquant à venir, qui sera le premier à mettre à l’essai une thérapie génétique pour le traitement de la SLA sporadique.

Le rôle important des modèles animaux dans la compréhension de la SLA

Lorsque les scientifiques identifient des gènes liés à la SLA, ils doivent ensuite identifier les voies biologiques touchées par ces mutations génétiques afin de pouvoir ultimement développer de nouveaux traitements. Le recours aux modèles animaux qui reproduisent une maladie est l’une des façons très utiles d’étudier les effets biologiques en aval. Récemment, on a découvert que des mutations du gène CCNF jouent un rôle dans la SLA. Les scientifiques ont déjà mis au point des modèles animaux simples (poisson-zèbre) dans lesquels ils peuvent faire muter le gène CCNF afin de mieux observer et comprendre comment la SLA se développe et progresse. Ce faisant, les chercheurs ont observé que les cellules de la moelle épinière des poissons-zèbres mouraient à un rythme accéléré en raison des mutations du gène CCNF. La mise au point rapide d’un modèle animal dans lequel des mutations du gène CCNF peuvent être créées et étudiées n’est qu’un exemple de la façon dont la recherche sur la SLA a progressé au cours des dernières années. Elle met en relief les outils novateurs auxquels les chercheurs ont recours pour mieux comprendre la biologie de cette maladie complexe.

Innocuité et efficacité de l’édaravone

Lors d’un précédent essai clinique de phase 3 de l’édaravone (également appelée Radicava et Radicut), les chercheurs n’ont pas constaté un ralentissement significatif de la progression de la SLA. Toutefois, lors d’une analyse subséquente, les chercheurs ont trouvé qu’il pourrait y avoir un bienfait pour un certain groupe de participants. Pour valider cette observation, les chercheurs ont répété l’essai clinique de phase 3 de l’édaravone avec des participants qui répondaient à des critères stricts d’inclusion. Afin de participer à l’étude, les patients devaient être aux premiers stades de la progression de la SLA, avec des symptômes plus légers et une grande capacité vitale (quantité maximale d’air qu’un individu peut expirer de ses poumons après avoir pris une inspiration maximale). À la suite de cet essai clinique secondaire de phase 3, les chercheurs ont constaté que les participants qui recevaient le médicament présentaient une amélioration fonctionnelle de 33 % (mesurée à l’aide de l’ALS Functional Rating Scale – Revised [échelle fonctionnelle de la SLA révisée] ou ALSFRS-R). Dans l’ensemble, l’étude a démontré que pour un certain segment de gens vivant avec la SLA, le traitement à l’édaravone pourrait aider à ralentir le déclin fonctionnel. Le 5 mai 2017, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a approuvé l’édaravone pour le traitement de la SLA.

Remarque : Nous avons inclus les liens vers les publications, car nous savons que certains voudraient consulter les articles originaux. Les résumés sont toujours disponibles, mais puisque bon nombre de revues sont offertes par abonnement, il faut parfois payer pour avoir accès à l’article en entier.

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