Tim a toujours été activement engagé dans la vie. Il adorait son travail, être entraîneur de hockey, s’adonner à ce sport, faire du vélo et passer du temps avec sa famille et ses amis. La SLA lui a dérobé sa capacité de bouger. Elle l’a forcé à faire des ajustements énormes, mais elle n’a jamais changé sa façon d’aborder la vie. Une semaine avant son décès le 6 novembre 2016 , Tim a fait une sortie en famille pour célébrer les 28 ans de sa fille et déguster son repas favori, un rôti de bœuf, au restaurant Keg.

Sa conjointe, Beth, et ses trois enfants ont été témoins de son déclin physique graduel au cours des 12 années pendant lesquelles Tim a vécu avec la SLA, mais « Tim ne s’est jamais renfermé sur lui-même », dit Beth, avec un grand sourire. En regardant des photos de Tim dans son fauteuil roulant, on voit un très grand homme, qui faisait 6 pi 4 po, le sourire fendu jusqu’aux oreilles. « Il était décontracté. Il nous rendait la vie facile », dit Beth. Les photos de Tim entouré de sa famille, en compagnie de la légende du hockey Bobby Orr, avec la première ministre de l’Ontario et lorsqu’il a reçu la Médaille du jubilé de la Reine de la Société canadienne de la SLA donnent toutes l’impression d’un homme qui vivait la vie à plein.

Tim a reçu son diagnostic de SLA en avril 2004. Des signes physiques troublants avaient fait leur apparition quelques mois avant qu’il consulte un neurologue. À l’été de 2003, Beth et lui avaient commencé à jouer au golf, et Beth se rappelle que Tim se tordait souvent la cheville. À l’automne, il sentait souvent son pied claquer le trottoir pendant sa marche de la gare Union à son lieu de travail. Pendant l’hiver, Tim a constaté que les garçons de 9 ans dont il était l’entraîneur de hockey étaient devenus beaucoup plus efficaces et rapides que lui en patins. En janvier 2004, il était si fatigué après une séance de 45 minutes sur le vélo couché qu’il lui fallait trois jours pour s’en remettre. Beth et lui savaient que le moment était venu de tirer les choses au clair.

Tant qu’il l’a pu, Tim a continué de se rendre à son travail, à titre de vice-président de State Street Trust Company, cinq jours par semaine. Beth l’aidait à monter dans le train, en fauteuil roulant, à Oakville et il se rendait lui-même à son bureau au centre-ville de Toronto. Éventuellement, il a commencé à travailler à temps partiel de la maison, puis à temps plein, mais comme Beth se le remémore en riant, « pas avant d’avoir usé le fauteuil roulant de façon prématurée en traversant les rails de tramway un peu trop souvent ». Lorsqu’il a perdu la capacité de parler et d’utiliser sa main pour taper avec la souris, Tim a, à contrecœur, pris un congé d’invalidité de longue durée il y a trois ans.

Pendant un certain temps, Beth, Lindsay, Barry et Jeff ont pu aider Tim à se déplacer, mais après un certain temps, ce dernier a eu besoin d’un lève-personne Hoyer pour passer de son fauteuil roulant à son lit ou à son fauteuil releveur. La plupart des pièces d’équipement, comme la chaise d’aisance fournie par la Société canadienne de la SLA, ont dû être modifiées en raison de la taille de Tim. Il fallait avoir l’esprit d’aventure pour composer avec l’équipement ou répondre à ses besoins en matière d’accessibilité, mais Tim ne s’est jamais plaint, dit sa conjointe. Il abordait chaque jour en se disant qu’il ferait de son mieux. Sa famille en a fait autant. Les trois enfants ont participé aux soins de leur père en le nourrissant lorsqu’il ne pouvait plus le faire lui-même et en s’occupant de ses besoins quotidiens en matière d’hygiène, même s’ils ont tous essayé, Beth aussi, de déléguer à une autre personne les séances sur la chaise d’aisance. Jeff était le bras droit de son père. Il regardait la télé avec lui et le mettait au lit, offrant ainsi à Beth quelques moments de répit. Barry, c’était l’homme à tout faire. Il s’occupait des réparations de la maison dont Tim s’était toujours chargé. Beth a conservé son emploi d’enseignante pour maintenir un certain équilibre dans sa vie, et les trois enfants étaient reconnaissants que leur père ait pu assister à leurs cérémonies de remise de diplôme du secondaire et du post-secondaire.

Le jour du mariage de sa fille à Sean en 2014, Tim a accompagné Lindsay vers l’autel en fauteuil roulant. C’était un papa très fier. À ce moment-là, Tim avait beaucoup de troubles d’estomac, il se fatiguait facilement et avait été appréhensif au cours des semaines précédant les noces, craignant de ne pas se sentir assez bien pour profiter de la journée. En fin de compte, Beth a dit qu’il avait veillé jusqu’à 1 h 30 avec le reste des invités et que les souvenirs de la journée l’ont aidé à passer à travers les deux années suivantes.

L’équipe « Tim’s Titans » a été formée pour la MARCHE pour la SLA de Hamilton en 2004 et Lindsay a, à l’âge de 16 ans, institué la MARCHE pour la SLA de la région de Halton en 2006. Elle organise cet événement depuis. C’est sa façon de montrer à son père qu’elle l’aimait. Le 22 mai 2017, l’équipe « Tim’s Titans » a participé à sa première marche « en mémoire de » et recueilli de dons records. Ce n’a pas été une marche facile sans leur héros, mais ce ne sera pas la dernière, affirme Beth. C’est un homme dont beaucoup de gens se souviennent avec amour et qui donnait réellement le bon exemple. Un homme qui n’a jamais perdu de vue les bons côtés de sa vie. Un homme qui a continué d’avancer même quand il a perdu la capacité de bouger.

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