Projets financés en 2020

Bourse de recherche clinique 2020 de la Société canadienne de la SLA

Comment l’imagerie cérébrale avancée peut-elle aider à soutenir l’inscription et l’évaluation des essais cliniques sur la SLA?

Combler les écarts : la texture observée lors de l’IRM et ses corrélats pathologiques dans la SLA

200 000 $ ont été remis au DCollin Luk de l’Université de l’Alberta

L’imagerie par résonance magnétique (IRM) traditionnelle constitue un excellent outil non invasif pour aider les médecins à diagnostiquer des maladies comme le cancer du cerveau ou la sclérose en plaques, et à suivre leur évolution. Les chercheurs continuent d’explorer des moyens qui permettraient également à l’IRM d’identifier et de comprendre la SLA.

Grâce à cette bourse, le DCollin Luk cherchera à valider une technique avancée d’IRM, appelée analyse de texture, dans le but qu’elle puisse un jour être utilisée comme marqueur biologique, ou « biomarqueur », de l’apparition et de la progression de la SLA. En utilisant cette technique, le DLuk peut détecter des changements très fins d’une image cérébrale qui ne sont pas visibles à l’aide d’un examen par IRM habituel.

Afin de valider cette méthode, le Dr Luk analysera les examens par IRM de personnes vivant avec la SLA et les comparera avec des analyses de tissus cérébraux post-mortem généreusement donnés par des personnes ayant souffert de la SLA. Le tissu cérébral sera également examiné pour y déceler des déformations pathologiques afin de garantir que les examens par IRM reflètent avec précision les changements qui se produisent dans les cellules du cerveau. Le Dr Luk collaborera avec le Consortium canadien de neuroimagerie de la SLA (CALSNIC) pour valider ses découvertes.

Si cette nouvelle méthode s’avère efficace, un examen par IRM non invasif pourrait aider à prédire la progression de la maladie, ce qui permettrait aux personnes atteintes de SLA de s’inscrire plus tôt à des essais cliniques. Cela pourrait également donner aux chercheurs les outils dont ils ont besoin pour mieux évaluer l’efficacité de nouveaux traitements prometteurs.

Tout en effectuant ce travail de recherche, le DLuk sera également activement formé pour prodiguer des soins aux personnes atteintes de SLA en tant que neurologue à la clinique de l’Université de l’Alberta, à Edmonton. La combinaison de ce travail de recherche clinique de pointe avec une expérience directe en tant que fournisseur de soins fera sans aucun doute du Dr Luk un atout dans la volonté de mieux comprendre la maladie et d’obtenir de meilleures options de traitement.

Bourse de recherche 2020 de Mitsubishi Tanabe Pharma Canada

Comment des capteurs portables pourraient-ils aider à améliorer les essais cliniques sur la SLA?

Prédiction du changement dans l’état de la SLA en suivant les mouvements avec des capteurs portables

200 000 $ ont été remis par la Société canadienne de la SLA en partenariat avec Mitsubishi Tanabe Pharma Canada (MTP-CA) au Dr Gordon Jewett de l’Université de Calgary

La progression de la SLA est généralement déclarée par le patient et évaluée uniquement lors des rendez-vous à la clinique, qui peuvent survenir à plusieurs mois d’intervalle. Cette approche n’offre qu’un seul aperçu de la capacité de la personne et est sensible aux fluctuations quotidiennes de facteurs personnels tels que le stress, le sommeil, l’alimentation et la fatigue, qui peuvent influencer les résultats. Ainsi, il serait nécessaire de concevoir des outils capables d’évaluer en continu la fonction motrice de la personne.

Les capteurs portables deviennent pratique courante pour aider les gens à faire le suivi de leur état de santé personnel et un certain nombre d’études menées au cours des dernières années ont commencé à évaluer leur applicabilité à la SLA. Ces appareils comprennent généralement un accéléromètre et un gyroscope qui peuvent surveiller les mouvements d’une personne pendant qu’elle vaque à ses activités quotidiennes normales, et peuvent se connecter à un ordinateur au moyen d’une connexion Wi-Fi. Ainsi, en plaçant l’un de ces capteurs sur un bras ou une jambe, les chercheurs peuvent capter et transmettre les difficultés de mouvement des membres dues à la SLA.

Grâce à ce prix, le Dr Gordon Jewett utilisera sa formation de premier cycle en génie logiciel biomédical pour surveiller les mouvements des membres chez les personnes vivant avec la SLA à l’aide d’un capteur portable et utilisera des techniques d’apprentissage automatique pour développer un algorithme qui peut prédire leur déclin fonctionnel. L’étude utilisera également le Registre canadien des maladies neuromusculaires (CNDR) comme moyen de collecte de données et de leur comparaison avec les données cliniques standard. La collaboration avec le Consortium canadien de neuroimagerie de la SLA (CALSNIC), qui est également soutenue par le programme de recherche de la Société canadienne de la SLA, validera ses découvertes et fournira une couche supplémentaire à son travail en déterminant si les changements observés dans les scintigraphies cérébrales par IRM sont en corrélation avec les changements fonctionnels mesurés par les capteurs.

La capacité de mesurer avec précision l’état fonctionnel d’une personne vivant avec la SLA à partir de données recueillies au moyen d’un capteur portable pourrait grandement aider à concevoir des essais cliniques. Cette approche pourrait être mise en œuvre en tant que façon de mesurer les résultats de manière précise, reproductible, pratique et rentable dans les essais cliniques sur la SLA. Cela faciliterait également la participation en réduisant le nombre de rendez-vous obligatoires à la clinique.

Le Dr Jewett complètera ce travail avec une formation supplémentaire en tant que neurologue à la clinique de la SLA de l’Université de Calgary. L’expertise unique qu’il apporte dans le domaine, combinée à ses fonctions cliniques, constituera un ajout très précieux au paysage canadien des essais cliniques et de la recherche clinique.

Bourse de transition de carrière 2020 de La Fondation Vincent Bourque et de la Société canadienne de la SLA

Une nouvelle cible biologique qui pourrait représenter une nouvelle stratégie prometteuse de traitement par anticorps contre la SLA

La PPIA extracellulaire : la nouvelle cible d’une approche thérapeutique à base d’anticorps pour la SLA

250 000 $ ont été remis par la Société canadienne de la SLA en partenariat avec La Fondation Vincent Bourque à la Dre Silvia Pozzi au Centre de recherche CERVO de l’Université Laval

Ces dernières années, les scientifiques ont observé des niveaux plus élevés d’une protéine en particulier, appelée Peptidyl prolyl isomérase A (PPIA), dans le liquide qui entoure le cerveau et la moelle épinière chez les souris atteintes de SLA. Ce phénomène a également été observé chez les personnes vivant avec la forme sporadique de la maladie (c.-à-d. les personnes qui n’ont pas d’antécédents familiaux de la maladie).

La PPIA est une protéine qui se trouve généralement à l’intérieur des cellules où elle accomplit sa fonction normale, cependant, lorsque la protéine est libérée dans le liquide à l’extérieur des cellules (dans ce cas appelé PPIA extracellulaire ou ePPIA), il peut y avoir des effets négatifs. Lorsqu’elle se retrouve à l’extérieur des cellules, l’ePPIA peut se lier à une autre protéine, appelée EMMPRIN, et on pense que cette interaction active une voie biologique qui contribue éventuellement à la mort des motoneurones.

Grâce à cette bourse, la Dre Silvia Pozzi explorera une nouvelle stratégie de traitement pour la SLA qui cible cette interaction protéique toxique. Dans le cadre de cette étude, la Dre Pozzi explorera plus en profondeur les effets de l’interaction entre l’ePPIA et l’EMMPRIN sur les motoneurones ainsi que sur d’autres cellules de soutien du cerveau, telles que les cellules gliales, qui joueraient également un rôle dans l’apparition et la progression de la SLA.

Afin de bloquer l’interaction entre l’ePPIA et l’EMMPRIN, la Dre Pozzi développera un anticorps qui cible spécifiquement l’EMMPRIN. Les anticorps sont des protéines produites par le système immunitaire pour protéger le corps contre des agents étrangers, comme des bactéries et des virus, et qui adhèrent aux protéines touchées par des agents nocifs, déclenchant leur élimination et/ou leur destruction.

En concevant un anticorps spécifique à l’EMMPRIN, la Dre Pozzi espère empêcher l’interaction protéique supposée conduire à la mort des motoneurones. La capacité de l’anticorps à réduire l’inflammation et la mort des motoneurones sera ensuite évaluée sur divers modèles murins atteints de SLA. Si l’anticorps s’avère efficace pour empêcher la mort des motoneurones chez la souris, l’étape suivante consistera à déterminer si des effets similaires peuvent être observés chez l’être humain.

La Dre Pozzi espère utiliser ce projet pour lancer sa nouvelle carrière basée sur le développement de traitements à base d’anticorps en laboratoire qui peuvent être transposés en essais cliniques pour les humains et renforcer le leadership du Canada vers la création d’un avenir sans SLA.